L'interprofession française des huiles d'olive et olives au service des acteurs de la filière oléicole.
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Etapes en amont de la plantation

Nos conseils avant la plantation d'oliviers

 

Vous avez réfléchi à votre projet de plantation et souhaitez désormais connaître les étapes importantes avant la plantation.

Retrouvez les conseils de France Olive sur les thématiques suivantes :

Aspects administratifs – Aides

Il n’existe aucune aide à la plantation, des aides à la production existent dans certaines régions.

Droits à la plantation : la plantation d’oliviers n’est soumise à aucun droit. Chacun est donc libre de planter autant d’oliviers qu’il le souhaite, à condition que le projet de plantation soit conforme au schéma directeur départemental des structures agricoles. De plus, tout projet de plantation visé par l’article L331-2 du Code Rural est soumis à autorisation préalable.

Choix du terrain

Vérifier le classement de la parcelle en zone agricole auprès du plan d’occupation des sols : il est possible de revoir le classement d’une parcelle située en zone verte à condition d’apporter la preuve que la parcelle était auparavant cultivée.

À la première visite sur le terrain, il est important de prendre les renseignements globaux sur la parcelle dont :

  • La surface ?
  • La disponibilité de la parcelle ?
  • L’historique de la parcelle ?
  • La labellisation de la parcelle : AB ou pas ? si oui, depuis combien de temps ?
  • La catégorie éventuelle de la parcelle : Natura 2000, NDS (voir PLU)
  • L’analyse de sol si elle a été faite ? si oui, depuis combien de temps ?
  • Que font les agriculteurs à proximité ?

 Dans un second temps, il est important de surveiller les points suivants :

  • L’exposition : au vent, au soleil
  • Les chemins d’accès
  • Les bordures : haies, chemin, routes…
  • Le sol : profondeur et propriétés (profil et analyse)

 

Car implanter une oliveraie dépend des caractéristiques physiologiques de l’olivier, espèce méditerranéenne par excellence. Il est donc préférable de :

  • Choisir la zone de production méditerranéenne : en effet l’olivier présente une meilleure productivité dans la zone traditionnelle oléicole, même si quelques oliveraies naissent expérimentalement dans de nouveaux territoires (Aquitaine par ex)
  • Éviter les zones particulièrement gélives (bas-fonds, bord de rivière, altitude élevée…) : les dégâts dus au froid peuvent apparaître à partir de -8°C sur les jeunes oliviers, et -12°C sur les arbres plus âgés. Cependant, les oliviers adultes supportent des températures pouvant descendre jusqu’à -20°C.
  • Éviter les terrains humides dans lesquels l’eau circule très lentement. Le dicton dit : « l’olivier aime l’eau qui passe sur ses racines et déteste l’eau qui stagne ». Les sols comportant des graviers ou des cailloux (sols filtrants) seront préférables à des sols trop argileux (sols asphyxiants).
  • Eviter les zones à brouillard ou atmosphère humide (risque accru de sensibilité aux maladies du feuillage) et surtout en période de floraison (mai-juin : mauvaise pollinisation) notamment les plaines de bord de mer si sujettes aux entrées maritimes
  • Privilégier les terrains bénéficiant d’un fort ensoleillement : (pentes orientées au sud des coteaux et piémonts par exemple) car l’olivier est une plante héliophile. Délaissez les zones d’ombre (ubac à forte pente, proximité de haies de haut jet au sud…).
  • Envisager l’implantation de l’irrigation : même si l’olivier est réputé pour produire en conditions sèches. Cependant l’irrigation permet d’accroître la productivité des arbres et est obligatoire pour la production d’olives destinées à la confiserie, les olives de table.
  • Tolérance à l’acidité du sol: l’olivier n’est pas particulièrement sensible au pH du sol (mesure de l’acidité). Toutefois, des blocages nutritionnels peuvent apparaître en sols franchement acides ou alcalins. Le pH peut être corrigé par des amendements calcaires (pour les sols acides) ou organiques (pour les sols alcalins). De plus, le choix des variétés se portera davantage sur les variétés traditionnelles locales : Olivière dans les sols acides du Roussillon, Aglandau dans les sols alcalins de la vallée de la Durance, …

D’un point de vue sanitaire :

  • Éviter les terrains dans lesquels le pourridié est présent. En cas d’arrachage d’arbres ou de vignes, un soin particulier sera apporté à l’élimination des racines.
  • Éviter les terrains ayant connu des précédents culturaux de type arbres fruitiers à noyau (abricotier, amandier, pêcher…), cucurbitacées (melon, concombre, courges…) et solanacées (pomme de terre, tomate, aubergine, poivron…). Ces cultures entretiennent la présence du Verticillium dahliae dans le sol.
  • Privilégier l’environnement de la parcelle, garant de la biodiversité. Haies composites, bosquets et zones enherbées, infrastructures agroécologiques, point d’eau sont autant de zones écologiques d’intérêt participant à l’équilibre biologique de l’oliveraie.

Choix des variétés

Le choix des variétés se porte de préférence sur les variétés présentes sur le bassin de production. De nombreux critères sont à prendre en compte :

  • l’appartenance de la parcelle à l’aire géographique d’une appellation d’origine protégée (AOP) : la proportion entre les différentes variétés sur la parcelle doit être conforme à celle indiquée dans le décret d’AOP afin que les productions issues du verger bénéficient de l’AOP.
  • la finalité des olives (huile, olive de table, tapenade, pâte d’olive). Il est généralement intéressant de proposer un large éventail de produits transformés pour faciliter la commercialisation de la production. De plus, la transformation des olives pour l’olive de table ou la pâte d’olive présente généralement une bien meilleure valeur ajoutée que l’extraction de l’huile.
  • la productivité des arbres en fruits
  • les rendements en huile
  • la période de maturité optimale : chaque variété présente une période bien définie de maturité optimale pour sa récolte. La plantation de plusieurs variétés présentant des périodes de maturité optimale différentes permet d’étaler la durée de la récolte et de limiter l’emploi de main d’oeuvre extérieure, tout en optimisant la qualité des produits transformés.
  • la sensibilité des fruits au gel : les dégâts du gel sur les olives entraînent une déprécaition de la qualité de l’huile. Les olives de certaines variétés comme le Bouteillan ou la Picholine sont davantage sensibles au gel. Une récolte tardive (au delà du 15 décembre) accroît fortement les risques de gel sur les olives.
  • la qualité de l’huile extraite
  • la qualité du fruit pour la transformation en olive de table
  • éviter les variétés sensibles aux maladies du feuillage dans des zones relativement humides et peu aérées.

 

Qualité des plants

  • Les pépinières proposent des plants issus de boutures herbacées. Les plants âgés de 12 à 18 mois résistent davantage au froid hivernal. Ces plants sont vendus en pot de 3 litres pour une hauteur de plant supérieure à 60 cm. Il est conseillé de réserver les plants au moins six mois avant plantation.
  • La norme Conformité Agricole Communautaire (CAC) est un ensemble de mesures visant à garantir aux candidats à la plantation la traçabilité des plants d’olivier ainsi que l’état phytosanitaire des plants. L’ONIGC est chargé de l’agrément des pépiniéristes multiplicateurs d’oliviers en norme CAC. La liste des pépiniéristes agréés en norme CAC est disponible en cliquant ici.

Il n’existe pas de plants certifiés en olivier à ce jour.

Préparation du sol

  • Décompactage : la meilleure aération du sol encourage l’enracinement de l’olivier. Un sous-solage à l’aide d’un ripper (lame métallique droite d’environ 1 mètre en forme de dent, tirée par un tracteur puissant ou un bulldozer) permet de décompacter et de fissurer le sol en profondeur. Cette opération est à réaliser sur sol sec (durant l’été qui précède la plantation) et de façon croisée, par un deuxième passage perpendiculaire au premier.
  • Élimination des racines : dans le cas d’un défrichement ou d’un arrachage préalable à la plantation des oliviers, les racines doivent être enlevées méticuleusement.
  • Si la plantation succède à un précédent également culture pérenne, il est conseillé après arrachage de laisser la terre se reposer 1 an.
  • Amendement et fumure de fond : une analyse de sol est vivement conseillée avant plantation afin de définir la nature et la qualité du sol. L’interprétation de l’analyse permet de déterminer les éventuels amendements (minéral et/ou organique) à réaliser durant l’automne qui précède la plantation. La fumure de fond est à incorporer au sol par un léger labour. Il faut éviter d’enfouir les matières organiques à plus de 20 cm en raison de leur mauvaise dégradation en absence d’air. Un engrais vert peut être mis en place l’année précédant la plantation afin d’améliorer naturellement les propriétés du sol.
  • Ameublement avant plantation : la surface du sol est ameublie par un passage de griffes ou d’un cultivateur à dents, préparant ainsi de bonnes conditions de plantation. L’utilisation des houes rotatives (du type Rotavator) est déconseillée, en raison des risques d’apparition d’une semelle de labour limitant ensuite le développement des racines. De même, il n’est pas conseillé de multiplier les passages de tracteur sur le terrain, ce qui pourrait provoquer un tassement du sol.
  • Système d’irrigation : même si une oliveraie peut se conduire en sec, il est néanmoins fortement conseillé de réfléchir sur la faisabilité d’investir dans un système d’irrigation si un point d’eau est  disponible à proximité. En effet, l’eau est un facteur essentiel de productivité de la culture et fortement limitant sur la mise en place et l’accompagnement du rendement. Le choix du système est lié à divers critères (disponibilité en eau, coût de l’eau, coût d’investissement, mode d’entretien du sol…). A ce sujet, vous pouvez consulter le Cahier de l’Oléiculteur avec certiphyto : https://franceolive.fr/wp-content/uploads/2021/11/2022-Cahier-de-l-oleiculteur-avec-certiphyto.pdf
  • L’environnement de la parcelle : dans un contexte d’équilibre écologique, il est conseillé de favoriser la biodiversité fonctionnelle de la parcelle en favorisant les haies composites, les infrastructures agro-écologiques, l’enherbement maîtrisé du verger. De nombreuses solutions sont proposées pour développer cette diversité génétique, alliée de l’oléiculteur.
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