L'interprofession française des huiles d'olive et olives au service des acteurs de la filière oléicole.
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Élaborer son projet de plantation

Planter des oliviers : les bonnes questions

 

Avant tout, il est important de rappeler que de tout temps, la culture de l’olivier a été une culture complémentaire sur toute exploitation agricole et qu’en aucun cas ce n’était un revenu principal. En effet, c’est une espèce alternante et qui souvent produit véritablement une année sur 2. Il est donc nécessaire d’avoir une autre source de revenus afin d’assurer la pérennité de ses revenus. Cependant dans certains cas bien précis, l’oléiculture peut être l’activité principale dans certains territoires oléicoles reconnus et ce, en circuit court.

La création d’une oliveraie nécessite une réflexion préalable, garante de la réussite du projet à long terme, d’autant plus que l’olivier est la culture pérenne au plus long cycle de vie : elle accompagne plusieurs générations d’oléiculteurs, et ce potentiellement sur plusieurs siècles. Aussi compte-tenu des enjeux techniques, qualitatifs et économiques, il est recommandé de ne pas se précipiter et de ne pas négliger les étapes essentielles à sa réussite.

L’objet de ce dossier a pour but de faciliter la réflexion des oléiculteurs et leurs démarches liées à la plantation d’une oliveraie.

Ainsi cette réflexion doit s’articuler en diverses étapes et la première consiste à bien définir son objectif, pour ensuite développer les objectifs de production après avoir fait le point sur la situation de départ.

Étape 1 : fixer l'objectif global

La première question évidente à se poser : quel est l’objectif ? Pourquoi souhaitez-vous créer une oliveraie ?

Étape 2 : faire le point sur sa situation

Cela permet de se rendre compte de sa situation de départ, sur tous les aspects.

  • 1/ Activité actuelle :
    • 1.1 Disposez-vous d’une parcelle ou pas ?
      • si non, où en trouver ? Des pistes : SAFER, notaires, cadastres, syndicats oléicoles, chambre d’agriculture (RDI - Répertoire Départ Installation), associations agricoles... mais aussi sites immobiliers, sites spécialisés de vente en direct et entre particuliers. N’hésitez pas à aller à l’encontre en direct de foncier en vous baladant dans les zones que vous cherchez ou en déposant des annonces (commerces locaux, journaux locaux et spécialisés, associations locales) ou en allant au service urbanisme de la mairie.

Quelques liens intéressants pour recherche de foncier agricole :
Géoportail : cadastre, histoire, géologie .... https://www.geoportail.gouv.fr/
Carte interactive des prix du foncier agricole DVF : https://app.dvf.etalab.gouv.fr/
Site de la SAFER : https://www.safer.fr/

Acheter ou louer la terre ? La terre agricole peut être louée et il existe une multitude de baux différents. Voici un vocabulaire spécifique de location de terre agricole : bail rural, fermage, métayage, commodat...

      • si oui, est-elle :
        • en friche
        • nue
        • déjà plantée en oliviers ou autres : si ce sont des oliviers abandonnés, c’est un projet de réhabilitation d’oliveraie; si c’est une autre culture pérenne, il faut prendre en compte les travaux d’arrachage, de remise en état de la parcelle (travail du sol)
    • 1.2 Avez-vous déjà une activité agricole : oui ou non
          • Si non : il faut penser à investir dans un minimum de matériel pour entretenir les arbres (Liste de matériel pour entretenir une oliveraie en production : matériel de taille (sécateur arbo, récet) et broyeur de bois de taille si possible, appareils de traitements de protection tracté avec tracteur ou autoporté (pulvérisateur et atomiseur), tonne à eau tractée en absence de système d’irrigation, outils de gestion du sol (outil superficiel de travail du sol de type griffon si sol nu ou appareil de tonte si sol enherbé) et matériel de récolte)
          • Si oui : il faut faire un état des lieux de ce que vous disposez et voir les compléments à acquérir
  • 2/ Compétences actuelles : 
    • quelles sont-elles en matière de connaissances agricoles fondamentales connaissance du sol, du climat, physiologie de l’arbre ? si vous n’en avez aucune, plusieurs solutions :
      • soit une formation longue diplômante (de quelques mois à 2 ans selon les diplômes), elles entrent dans un parcours de formation vous permettant d’acquérir un statut agricole (exploitant, salarié) : renseignez-vous auprès des CFPPA des départements oléicoles (66, 11, 34, 30, 13, 84, 26, 04, 83 et 06) proposant des BP REA à option arboricole et oléicole.
        • le statut d’exploitant agricole : diplôme de type BP REA (niveau BAC ou équivalent) :
        • CS arboricole en CFPPA. Il existe un CS axé sur l’oléiculture à St-Rémy de Provence (13) https://lpa.st-remy.educagri.fr/

Souvent ces formations peuvent se suivre soit à temps complet, soit partiel, soit en alternance. Pour plus d’informations :

Si vous êtes demandeur d’emploi, contactez votre Agence France Travail, mais il existe d’autres dispositifs d’emploi et de formations agricoles dans chaque région oléicole (ANEFA, ADEMA, Cap Avenir, Cap Métiers, chantier d’Insertion, PMSSMP, CEP, VAE...)

Si vous êtes déjà chef d’entreprise agricole ou salarié agricole, contactez les chambres d’agriculture, les CFPPA, VIVEA, OCAPIAT, CIVAM...

Si vous êtes salarié, vous pouvez suivre la formation par le biais d’un projet de Transition Professionnelle (PTP) ex Cif (Congé individuel de formation): https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14018

Vous pouvez également suivre un diplôme universitaire d’oléologie dispensé à l’université de Montpellier https://formations.umontpellier.fr/fr/formations/diplome-universite-niv-form-bac-UA/du-oleologie-hnesa1ic.html

      • Soit des formations professionnalisantes (la plupart sont des formations courtes) : pour acquérir ponctuellement des compétences. Ces formations coutes sont souvent des compléments et elles doivent être nombreuses pour compenser l’absence de pré-requis concernant les bases de l’agriculture.

Ainsi, pour bien réussir son projet, il est important et préférable d’acquérir des connaissances préalables pour bien comprendre non seulement la physiologie de l’olivier mais aussi ses interactions avec son contexte de production (sol, climat et environnement). Cela permettra d’éviter les écueils préjudiciables à la bonne réussite de votre projet.

 

  • 3/ Connaissances de son support de production : paramètres pédo-climatiques 
    • Savoir connaître son sol et ses propriétés physiques, chimiques et biologiques : texture, structure, activité biologique, pH, teneurs en éléments minéraux...

Pour cela il est nécessaire d’avoir à disposition le compte-rendu de profil de sol et l'analyse de sol. Si ce n’est pas le cas, il faut effectuer :

      • Le profil de sol qui renseigne sur les points suivants : profondeur de sol, activité... Comment réaliser un profil de sol ? Consultez la page 5 du Cahier de l'Oléiculteur
      • L’analyse de sol qui complète le profil de sol et oriente les prélèvements à effectuer pour l’échantillon envoyé à l’analyse de sol. Consultez la page 5-7 du Cahier de l'Oléiculteur
    • Savoir connaître le climat et voir si les paramètres climatiques caractérisant le climat du terroir sont conformes à la culture de l’olivier

 

  • 4/ Localisation, espace disponible et facilité d’accès : des critères généraux pour le bon choix de la parcelle. En effet, selon le type de projet, certains points peuvent apparaitre contraignants et défavorables à la bonne réussite.
    • Si vente directe : éviter des accès difficiles
    • Si conduite en Agriculture Biologique : éviter les parcelles contiguës à des agricultures intensives peu raisonnées ou mettre en place des barrières végétales pour limiter les échanges et protéger votre lieu de production
    • Privilégiez les zones où l’accès à l’eau soit possible, même si l’oléiculture peut se conduire en sec. Cependant à choisir, pour optimiser la productivité de la parcelle et dans un contexte de réchauffement climatique, il est préférable de choisir une zone disposant d’une ressource en eau
    • Privilégiez un bâtiment pour abriter et entreposer le matériel si possible afin de limiter les pertes de temps de transport. S’il n’y a pas de bâtiments, vérifier la potentialité à terme d’y remédier ou juger de la meilleure solution pour limiter les déplacements.
  • 5/ Temps disponible et main d’œuvre disponible : il est important pour la viabilité et réussite du projet d’estimer si le temps disponible permet une bonne gestion de l’oliveraie aux moments des pics de besoins (vous pouvez consulter le numéro 124 du Nouvel Olivier à ce sujet), notamment la taille et la récolte. Vérifiez que c’est compatible avec votre activité principale.
  • 6/ Finances : dans tout projet, la partie financière de votre projet est un facteur incontournable à la bonne réalisation (chiffre d’affaires envisagé, capacité de financement...)
    • Cas de création d’oliveraie : prévoir les investissements au départ (fonciers, plantation, aménagements de la parcelle, matériels...) mais aussi la trésorerie pour la conduite des premières années improductives
    • Cas de reprise d’oliveraie abandonnée : prévoir la trésorerie pour la conduite des premières années improductives suite à la réhabilitation de la parcelle et la régénération des arbres (Prévoir 3 ans si irrigation, moins envisageable et plus aléatoire en sec)

Étape 3 : affiner sa réflexion dans la viabilité du projet

Une fois cet état des lieux réalisé, poursuivre la réflexion en jugeant de la potentialité du projet à travers quelques questions :

  • D’un point de vue technique

L’exploitation/ la zone de culture est-elle favorable à la culture de l’olivier et à la production d’olives ? (à partir du contexte climat, exposition, sol, olivier) ?

- Dans les zones traditionnellement oléicoles, rechercher s’il y a une oliveraie dans les alentours, ou dans le passé pour confirmer la faisabilité du projet : la clé est souvent dans l’histoire du lieu qu’il faut redécouvrir...

- Dans les zones non traditionnelles, ou nouveaux territoires oléicoles, il est important de bien connaître l’environnement pédoclimatique, pour juger de la potentialité du projet

  • D’un point de vue socio-économique

Quelle orientation donner à la production d’olives (confiserie, huile, mixte, pâtes...) ?

Quel type de commercialisation (circuit court et vente directe, circuit long ?). Existe-t-elle ou faut-il tout développer ?

Quels sont les investissements à planifier ? avant plantation (irrigation...) et éventuellement après plantation (atelier de transformation...)

Faut-il investir sur l’exploitation ou faire travailler à façon ?

La main d’œuvre est-elle disponible au moment de la taille et de la récolte ?

Quelles seront les charges (entretien annuel, frais de récolte...) et les produits ? pour avoir une idée de la viabilité du projet...

Étape 4 : fixer les objectifs clairs et chiffrés

En voulant créer une nouvelle production agricole ou en partant de zéro, des objectifs clairs et chiffrés sont indispensables pour mesurer la viabilité du projet et s’assurer qu’ils sont atteignables. Il est important de ne pas voir le projet trop grand, surtout si vous démarrez et si vous n’avez que peu ou pas d’expériences dans le milieu. Ces objectifs doivent être réalisables, donc cohérents et pertinents en fonction de votre situation actuelle.

En oléiculture les coûts de plantation varient selon différents paramètres.

Pour accompagner votre réflexion, consultez la revue Le Nouvel Olivier n°124, pages 8 à 11 : Regards sur les coûts de production d’une oliveraie à huile en France

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